Chorus des Hauts-de-Seine

Chorus festival 2021, premier round.

vendredi 9 juillet 2021, La Seine Musicale

Après un an et demi d’attente, nous reprenons enfin le chemin des salles de concerts et des festivals, le Chorus Festival fait partie de ceux qui n’ont pas renoncé à une édition 2021 pour notre plus grand bonheur. Alors certes, une édition un peu différente, avec pass sanitaire obligatoire, masquée, un peu moins de monde, mais debout et toujours dotée d’une programmation qui cette année encore nous a fait danser, frissonner et même couler quelques larmes.

On démarre ce vendredi sur le parvis, découvrir Lombre sur scène. Lombre c’est un mélange entre la puissance des mots et du rap qui nous rappelle Gaël Faye ou même Fauve, et la délicatesse des sentiments d’un Ben Mazué. Des textes qui, même s’ils se veulent parfois plus sombres, sont finalement éclatants de sincérité. Musicalement, on aime l’urgence créée par ses mélodies électriques, l’urgence de se raconter et surement de jouer ce dernier EP sorti il y a maintenant 10 mois. Lombre a ouvert le bal de manière tout à fait éblouissante, en même temps il n’est pas d’ombre sans lumière, il est certain qu’elle brillera encore pour lui.

Puis vient le tour de Gaël Faye, qui ouvre son set avec « Lundi Méchant » afin d’enflammer dès le début la grande scène. Si je dis enflammer, c’est parce que son show est littéralement un brasier ardent, près à réchauffer les cœurs et faire bouillir nos têtes. Plus qu’un simple rap, il sonne par moment comment un chant révolutionnaire tendre (et parfois plus tranchant quand il reprend les mots de Christiane Taubira avec « Seuls et vaincus ») pleins d’amour et qui rassemble c’est certain. Le public chante avec lui, danse aussi, « chaloupe ». Gaël Faye s’en donne à cœur joie, peut-être porté par la liesse de retrouver son public debout, il descend même dans la foule pour mieux « faire boumer les boumeurs ». Un régal pour les yeux, les oreilles, le cœur.

Changement de scène, de décor, l’auditorium où trône un grand piano à queue et à son banc la silhouette gracile et les longs cheveux noirs de Sophie Fustec dite La Chica, à demi-éclairée par une poursuite. J’essaie de recréer l’ambiance, pour tenter de raconter tout le sublime de ce concert piano-voix, même s’il sera difficile d’y apporter la vague d’émotion reçue pendant ce récital. La Chica, envoutante Bruja, nous a fait redécouvrir les titres de La Loba, son EP sorti en décembre dernier, mais aussi redécouvrir certains de son premier album Cambio. Toujours aussi habitée, elle a plongé de ses chants comme des incantations, la salle dans un silence hypnotique, pour nous arracher de temps à autres quelques frissons, poils hérissés et larmes. De quoi surement concocter une potion pour un prochain envoutement musical. On est sorties de l’auditorium charmées, et bouleversées, si bien qu’au moment où j’écris sa vois résonne encore dans mes enceintes. Le sortilège a fonctionné.

Difficile après ça de pouvoir enchainer, mais on ne pouvait pas s’arrêter au troisième concert et surtout quand la grande scène préparait un bouleversement d’un autre genre. Sorti d’une narine géante, vêtu d’une chappe et la couronne au front, Philippe Katerine a livré à son assemblée un discours à faire pâlir la reine d’Angleterre, bien qu’elle lui « chie à la raie ». Il démarre fort sur « Louxor j’adore » pour faire monter la température et enchaîne entre tube de son dernier album (BB Panda, Stone avec toi, ou encore Blond…) et des medleys de ses « classiques ». Oui Philippe Katerine rentre maintenant dans les classiques. Perso, il m’est impossible de manger une banane sans le chanter. Avec son air malicieux il vient titiller les sujets d’actualités, brandit même un sceptre coton tige (signe d’autorité nasopharyngée de ces derniers mois), et lève le (les) doigt contre le conformisme. Toujours aussi fantasque, drôle, son génie fait l’unanimité. Même certains des auditeurs très/trop premier degré pourraient facilement vouloir couper le son, ils le remettront vite. Car au-delà de la qualité musicale de ses compositions, il nous offre une folie douce dont on n’a pas envie de se passer, un lâcher-prise qui nous fait du bien dans une période beaucoup trop sérieuse.

Après ça nous sommes passées voir Molécule (Romain Delahaye) sur le parvis. il nous a fait danser à 360 degrés sur une électro qu’on pourrait presque qualifier de tribale, puisque l’artiste emprunte les sonorités de la nature pour les retranscrire en musique. Le public est entré dans une douce transe, celle qui nous manquait tant ces derniers mois sans pistes de danse, sans club. Puis nous avons fini avec Camilla Sparksss toujours sur de l’électro plus pop, plus noise, plus brutale, mixée en live et ça, ça fait plaisir) !

Une très belle première journée de Chorus, qui nous a vidée émotionnellement et physiquement, mais qui annonce clairement la couleur pour les deux prochains jours.

Mel

Merci à Marion, Camille et Ephélide.

Crédits photos: Ophélie Legriffon, a retrouver sur instagram ici .

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