Chorus des Hauts-de-Seine·festival

Festival Chorus 2021, deuxième round.

Samedi 10 juillet 2021, La Seine Musicale

Retour sur cette deuxième journée du Festival Chorus, avec une scène beaucoup plus urbaine, mais qui nous a conféré son lot d’émotions. Encore une fois, l’éclectisme de ce festival n’enlève en rien la qualité de sa programmation et je pense que c’est pour ça qu’il est un de mes préférés.

On a démarré la journée avec le lauréat du Prix Chorus 2021, Aimé Simone. Il raconte sur scène son histoire, avec toute la puissance qu’il a, une voix qui vient des tripes à laquelle il mêle beaucoup de douceur et d’émotions. Aimé Simone, bien que seul sur scène, prend une place incroyable dans la salle, s’adresse à son public directement, comme pour le rendre témoin de son ascension, sa renaissance après une descente aux enfers. Il joue son album sorti il y a un an, un album somptueux accompagné d’un documentaire. N’ayant pas vraiment eu l’occasion de le défendre sur scène, on sent chez lui l’importance et l’urgence de nous raconter son histoire. On y retrouve l’influence de la scène électronique berlinoise, mais aussi de la pop et du neo punk, un style un peu indescriptible (le genre de style ou les critiques ajoutent « indie » ou « fusion » quand ils ne savent pas) mais qui lui appartient, avec des textes divinement bien écrit. Un premier concert qui a donné le ton pour cette deuxième journée de Chorus.

Direction le parvis pour aller danser avec la « reine du kuduro », Pongo ! Toujours aussi énergique sur scène, sa musique se répend dans nos têtes nos corps et nos cœurs. Le public est envahi par une vague de chaleur et se met à danser ! Puis tout à coup résonne Kalemba et la foule se met à chanter en chœur « wegue ! wegue ! », il faut dire que ce titre de Buraka Som System (dont Pongo était la chanteuse à ses débuts) ambiance depuis dix ans nos soirées. La température monte encore d’un cran et la chanteuse décide de ne pas en rester là. Elle descend dans la foule pour nous apprendre quelques pas de danse sur son titre Uwa, dont on reprend le refrain derrière elle en chœur « UWAAAAAAAA ». On assiste là à une vraie communion entre l’artiste et le public, un moment de joie mutuelle, de se retrouver, de partager ça ensemble ! Pongo est définitivement la « Queen » de cette journée et elle a fait revenir le soleil sur la Seine Musicale.

Changement d’ambiance et de décors, on file à l’auditorium découvrir Tribe From The Ashes. Le groupe, né d’artistes talentueux confinés et porté par Sandra Nkake et Ji Drû, est apparu avec la volonté vitale et urgente de continuer à créer, écrire, composer, partager et imaginer le monde de demain : unis, soudés et tenace dans l’adversité, ici, la pandémie. Et c’est exactement ce qu’on ressent en les voyant les timbres de Sandra Nkaké et Marion Rampal se mélangent, accompagnés de la flute traversière de Ji Drû. À leur côté, Anne Gouverneur (violon), Michèle Pierre (violoncelle) et Paul Colomb (violoncelle) leur répondent de leurs archets. Manuel Marchès (contrebasse) et Mathieu Pénot (batterie), les guident lorsqu’ils s’emportent vers de nouveaux rythmes (la magie du jazz) et Pierre-Francois Blanchard (piano) lie le tout de ses mains agiles. Ce qu’il y a de plus marquant dans cette prestation, ce sont leurs regards. Quand l’un/ l’une joue, les autres s’arrêtent, l’écoutent, lui sourient, avec beaucoup de tendresse et de bienveillance. Et nous public, on ose à peine applaudir, de peur de s’immiscer dans leur conversation musicale. On regarde, fascinés, ce grand débat qui semble avoir pour seul thème l’amour de leur art.

Sur le parvis, James BKS, le producteur qu’on ne présente plus (ce n’est pas comme ci il n’avait jamais bossé avec Snoop Dog, T-Pain, Puff Daddy, ou encore Booba) démarre son show, avec à ses côtés le jeune rappeur Gracy Hopkins et Anna Kova (ex -chanteuse de Synapson). Il livre un set métissé, avec des prods hip-hop aux couleurs africaines et met en un seul morceau, tout le monde d’accord. Clairement, il envoie si bien qu’on danse à en oublier de prendre des photos, on s’abandonne totalement sur sa musique. Les deux chanteurs qui lui donnent la réplique, ne sont pas en reste face à lui et font tout pour faire de ce concert, un des meilleurs de la journée. Pari gagné, on a adoré.  

Le temps de se remettre, puis on monte à l’auditorium assister au spectacle d’Abd Al Malik : « Le jeune noir à l’épée », véritable coup de cœur de cette édition du Festival Chorus dont je vous parlerai en détail dans un article dédié. Et vu qu’on en est sorties bouleversées on terminera cette journée de festival sur une vague de bonne humeur avec Catastrophe.

Catastrophe, c’est une comédie musicale, un show rempli de poésie, de malice, d’amour et d’humour, mais aussi de groove, de danse, de belles musiques et de refrains chantant. Et ils nous ont offert deux concerts, deux bouffées d’air, au milieu d’une programmation pourtant très urbaine ce deuxième jour. Les six protagonistes mêlent leurs talents, leurs qualités, leurs défauts, leurs obsessions pour créer une fresque musicale et presque théâtrale unique. Unique d’ailleurs c’est un peu leur crédo, faire de chaque seconde un instant mémorable et qui n’aurait lieu que « maintenant ou jamais ».  La magie a opéré, le public s’est laissé emmener dans cette apostrophe temporelle, dansant de tout son saoul et scandant « encore et encore ».

Après ça, il n’était plus question de casser la magie, alors on est rentrées, lessivées, le sourire aux lèvres et avec un million de pensées dans la tête (de pensées et de chansons! ). Encore une belle journée. Vivement la suite.

Mel

Photos réalisées par Ophélie Legriffon !

Merci encore à Marion, Camille et la team d’Ephélide

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