MaMA Festival et Convention 2021

MaMA Festival 2021 : le premier jour on dansé!

mercredi 13 octobre 2021, quartier Pigalle

Ça y est on est. Mercredi 13 Octobre. Après deux ans d’attente, le MaMA Festival et Convention reprend place boulevard Rochechouart, Pigalle bat son plein, les professionnels du secteur de la musique se mêlent au public et envahissent les trottoirs à la recherche des nouvelles perles rares qui vont nous faire danser, chanter ces prochains mois. Le MaMA est clairement le festival qu’on attendait. Vecteur de rencontres et de découvertes, il nourrit l’espoir de renouveau musical et après ces deux dernières années assassines pour la culture, il sonne la reprise du secteur.

Et comme chaque année il y a quelques pépites qui nous ont attrapées au vol. La première, qui a ouvert la danse pour nous (et quelle danse !), c’était Laake.

Laake c’est un savant mélange entre musique orchestrale et électronique. Assis à son piano, le musicien et producteur nous enveloppe tantôt de mélodies romantiques, presque bucoliques, tantôt des rythmiques plus dures, plus brutale quand il se lève et prend possession de ses machines. À ses côtés, lui répondent ses musiciens : quatre aux vents, quatre aux cordes, comme pour équilibrer les morceaux. Quand les premiers renforcent les basses, les seconds déchirent le temps et augmentent la pression de leurs archers. Hier soir, Laake a littéralement offert un show grandiose, la Cigale était envahie d’une douce transe et il nous a mis en jambe de la meilleure façon pour ces trois jours de festival. On regrettera seulement le set trop court, on sera donc obligés de retourner le voir, pas le choix!

Place ensuite à la douceur avec Meskerem Mees au théâtre de dix heures pour une prestation charmante, envoûtante même. La jeune belge, accompagnée de sa violoncelliste Febe, a littéralement ensorcelé la salle de sa voix cristalline, de son timbre soul et de sa folk légère, pure et parfois grave. Chaque morceau nous pique au cœur, on est suspendus à ses lèvres et le duo nous offre une parenthèse, comme une introspection à travers nos émotions, si bien qu’à chaque fois que ça s’arrête, il reste comme un flottement dans la salle : deux secondes pour assimiler, sortir de l’hypnose et les remercier d’avoir arrêté le temps. Meskerem Mees est un véritable coup de cœur et si seulement trois singles sont pour le moment disponibles, ils ont déjà tout pour devenir des « classiques ». À découvrir absolument !

Changement d’ambiance et de salle pour aller à la découverte d’une autre promesse de talent : Dirtsa, la lauréate du Prix Ricard 2021. Entre hip-hop et Rnb, la jeune artiste nous donne très rapidement l’impression qu’elle est sur scène avant tout parce qu’elle a des choses à dire, fort, et que la musique est le moyen qu’elle à trouver pour le faire. Elle habite la scène et regarde son public, s’adresse à lui. Et entre deux titres elle nous parle, de sa famille, de moments vécus, de la vie. Oui chez Dirsta il y a d’abord ça, une urgence de partage, qu’elle rappe de façon plutôt percutante. Mais pas que ! À côté on a des titres plus légers, plus chaloupés, plus dansants et quand elle chante sa voix se fait plus douce, plus soul et nous amène à lâcher prise. Elle arrive à saisir son public et derrière elle, la guitare et la batterie offre une touche rock à son rap qui rafraîchit clairement le genre. Une très belle découverte aussi, on va vite aller écouter son premier EP « Aletheia’s Calling » sorti vendredi dernier et continuer à la suivre de près, c’est sûr ! 

Et retour à la Cigale pour le concert le plus attendu de la soirée !!! Nous avions tellement hâte de voir Sopico : après un premier clip très remarqué, tout semblait prêt à adouber le nouveau roi du rap-rock. Après une entrée de scène remarquable sur la fin du morceau « Atterrir », l’ex-membre de la 75eme session déroule en jonglant entre ses classiques (Le Hasard ou La Chance …) et de nouveaux titres plus matures, accompagné d’un « guitare-basse-batterie ». Bien que le mélange « play-back orchestre » / « groupe de rock », peine un peu à trouver sa place et que le tout semble manquer un petit peu de rodage, on pensera longtemps à ce « slide » de mi-concert, résonnant comme un hymne dans une Cigale bien réveillée. Le démarrage à été un peu long, mais l’artiste a clairement donné satisfaction à son public, quand la frénésie s’est finalement emparée de la salle, elle ne l’a plus quittée. Après « », sorti en 2018, il s’apprête à sortir son deuxième album « Nuages » ce vendredi et on a hâte de l’avoir entre les mains !

Ce mercredi 13 octobre, le MaMA festival, c’était aussi un voyage. Toute une soirée d’errances électroniques aux confins de l’orient offerte par le collectif Musique de Fête à l’initiative du label Nowadays Records et du producteur KasbaH

Ce mercredi 13 octobre au MaMA, on a dansé.

On commence sur une très belle découverte avec les Français de Ko Shin Moon. Avec leur trois caisses remplies de machines et de synthés, quelques claviers et un Saz électrique, c’est tout d’argent vêtu que le duo nous entraîne, presque sans interruption, des déserts du Proche-Orient au fin fond des clubs Berlinois  en passant par un mariage Indien. Malgré de rares passages de chant dispensables, ça envoie du très lourd, impossible de rester assis à regarder, on ne peut s’empêcher de danser. Ce savant mélange de tradition et de modernité ne laisse pas un instant de répit, mais on adore !

Le temps de ne pas réussir à rentrer dans d’autres salles du festival, on rate Sofiane Saidi, le Prince du Raï 2.0, mais c’est chaud bouillant qu’on retourne au Backstage By The Mill pour un groupe que l’on a même plus besoin de présenter : Taxi Kebab ! C’est avec toujours au temps d’énergie et de virtuosité que le duo franco-marocain nous a transporté dans une rave party au cœur du Sahara. Entre techno acide parfois psyché, grosses guitares, solo énervé de Buzuq (guitare traditionnelle orientale) et une voix sublime, Taxi Kebab nous en met plein la face, et après 45 minutes bien trop courtes d’un show dantesque, c’est avec un sentiment de trop peu que l’on en ressort, en sueur et les oreilles qui bourdonnent.

À peine 15 minutes pour respirer avant que KasbaH ne monte sur scène pour clôturer cette soirée incroyable. Tel un homme-orchestre, KasbaH boucle, superpose et ajuste ses sons, couche par couche, pour tisser des atmosphères puissantes, éclectiques et enivrantes, cadres idylliques pour un subtil solo de guitare épuré ou des vocalises foudroyantes. Pendant tout ce set, le temps s’arrête, le monde disparaît, il n’y a plus que lui, nous, et sa musique. On a plus de jambe, mais aucune envie de partir. À voir et revoir et re-revoir !

Après cette première journée éreintante, on est déjà à se demander comment on va tenir, bon augure pour la suite non?

À demain 😉

Mel, Thomas Sabouret et Greg Gomez, vos rapporteurs du MaMA 21’!

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